Autodidacte, Jonk découvre très jeune la photographie lors de voyages linguistiques aux États-Unis. Cette passion, nourrie par ses escapades urbaines sur les toits, dans les métros et même dans les catacombes parisiennes, le conduit bientôt vers les friches où les graffeurs créent en secret. Là, il rencontre un second choc esthétique : celui du passage du temps, de la rouille, des fissures et du végétal qui s’invite à nouveau dans l’espace humain. Il comprend alors que ses images raconteront cette force tranquille : la nature qui revient, inlassable.
Avec Naturalia : Chronique des Ruines Contemporaines, série devenue sa signature, Jonk dévoile un monde où les murs s’effritent mais où le vivant prospère : statues vêtues de lierre, palais effondrés repris par les arbres, piscines désertes colonisées par la végétation. Il décrit ces lieux comme un « monde perdu », un espace parallèle accessible en enjambant un mur écroulé, où le silence total rappelle à chacun la fragilité de notre passage sur Terre.
En 2018, il quitte une carrière de trader pour se consacrer entièrement à cette démarche guidée par une conscience écologique ancienne. Depuis, il a parcouru plus de cinquante pays et exploré près de 2000 lieux abandonnés. Son œuvre, profondément humaniste, offre une vision à la fois spectrale et porteuse d’espoir : un témoignage sur la capacité du vivant à renaître, à transformer et à réinventer ce que l’Homme laisse derrière lui.